Waldo
Et voici que Karen était là, à
cette heure indue, dans la chaleur moite et obscure du "Blues Corner"... Elle
était de passage à Bruxelles, pour ses études, je crois; elle était arrivée
l'avant-veille et repartait le lendemain soir. Je lui en fis le reproche:
- Vous auriez pu me contacter plus rapidement! Ca mériterait une
correction... Et comment m'avez-vous trouvé? Vous avez fait tous les bars à ma
recherche?... Vous teniez tant que ça à me revoir, malgré ce que je vous ai
fait?...
- Mais, non, non! C'est par hasard que je...
La pénombre ne m'avait pas empêché de voir ses joues prendre une nuance
carminée très délicate... J'aime les femmes fautives capables de rougir; je
trouve cela attendrissant... Je poursuivis d'un ton sévère:
- Vous mentez, en plus! Le mensonge mérite aussi une punition... Vous
êtes allée à mon atelier, je n'y étais pas, et vous avez cherché dans tous les
bistrots du quartier... Pourquoi ne pas le dire?...
Fuyant mon regard, elle balbutia: "je ne sais pas... Excusez-moi". J'eus
un petit rire:
- Je ne pardonne pas si facilement, petite fille! Je vais vous donner,
ici-même, la fessée que vous méritez... Je suis sûr que ces messieurs-dames
n'y trouveront rien à redire; quant au barman, c'est un ami.
J'avais parlé assez fort, et les gens nous regardaient d'un air amusé;
Karen avait perdu instantanément ses belles couleurs. Elle dit, suppliante:
"ce n'est pas possible... Pas ici..."
- Bon, si vous préférez, allons prendre un dernier verre à l'atelier.
Mais je serai plus sévère, dans ce cas. Vous pouvez aussi rentrer à votre
hôtel, et on en parle plus. Vous êtes libre. Que décidez-vous?
La jeune femme lançait des regards affolés autour d'elle; très vite,
d'une voix un peu enrouée, elle dit: "je vous suis! Partons, s'il vous plaît!"
Nous avons quitté le bar. Dehors, en cette fin du mois d'août, la chaleur
était lourde, annonciatrice d'orage, comme c'est souvent le cas ici. Nous
avons marché en silence durant quelques minutes, et nous nous sommes arrêtés,
sur mon injonction, au coin de la rue des Eperonniers.
- Il est encore temps de renoncer, Karen, ai-je dit calmement. Si vous
franchissez la porte de l'atelier, sachez que je vous traiterai durement; pas
tant parceque vous le méritez que parceque j'en ai envie... Dans votre avion,
demain, le fauteuil vous semblera très inconfortable, mais vous ne pourrez pas
voyager debout... Il y a une station de taxis à deux pas. Je puis vous y
conduire.
Un groupe d'Allemands éméchés passa près de nous en riant grassement.
Karen dit d'une petite voix: "je viens avec vous".
- C'est bon. En gage de soumission, vous allez ôter votre culotte et me
la confier.
- Ici?!...
- J'ai horreur de me répéter. Allons, vite!
Le groupe de teutons disparaissait au bout de la petite rue; Karen a
retroussé sa jupe et prestement fait glisser le slip au long de ses cuisses.
Elle à enjambé le sous-vêtement et me l'a tendu, d'une main qui tremblait un
peu. J'ai plongé mon visage dans le tissus soyeux et tiède, et pris une
profonde inspiration. La culotte était imprégnée du parfum précieux de Karen,
et aussi des effluves plus musquées de son intimité; ce mariage de fragrances
était absolument grisant... j'enfouis le sous-vêtement dans ma poche, et nous
nous remîmes en route. Tenant à troubler un peu plus ma consentante victime,
je remarquai:
- Votre petite culotte me semble anormalement humide, pour ne pas dire
mouillée. La chaleur ambiante ne peut pas être la seule responsable... Seriez-vous
à ce point excitée par ce qui va vous arriver dans quelques minutes?...
Karen fit un mouvement de tête qui pouvait signifier à la fois oui et
non... De toutes façons, je n'avais pas besoin de réponse à ma question.
Comme j'ouvrais ma porte, le beffroi de la Grand-Place sonna trois fois.
La pièce allait commencer...
Karen
Trois mois étaient passés depuis cet
incident, et à nouveau, j'étais à Bruxelles.
Pourquoi retournais-je à Bruxelles ? Etait-ce réellement à cause de ma
thèse doctorale ?
Ma tête disait que oui... Mon coeur disait que non...
Tout mon corps tremblait quand l'avion à atterri...................
J'ai été toute la journée occupée avec l'affaire de ma
thèse. Et le soir, je suis rentrée à mon hôtel, j´ai pris un bain et j´ai
commencé, sans une idée fixe dans la tête (ou si?) à m´arranger pour sortir.
Cette fois je me suis habillée en femme. Je suis sortie toute seule me
promener sur la Grand- Place, et mes pas m'ont ramenée à l´ atelier de
Waldo...
J´ai eu une grande déception quand j'ai vu qu´il n'était pas là. Comme je
repartais, j'ai rencontré un voisin dans le vestibule. Je lui ai demandé s'il
savait où était Waldo, et il a dit qu'il était sûrement dans un des pubs du
quartier...
Je ne savais pas quoi faire. J´ai pensé que ce serait plus prudent de rentrer
à l´hôtel, mais mes pieds ne m´obéissaient pas . C´était la première fois de
ma vie que je courais derrière un homme.
J'ai visité deux pubs sans succès, et quand je suis rentrée dans le troisième,
mon coeur s´est arrêté........
Je me suis figée, et je me suis posé sérieusement cette question: "Vraiment
Karen, veux-tu aller jusqu'au bout ?…
Trop tard pour faire marche arrière, Waldo m'avait vue.
S'approchant de moi, au lieu de me souhaiter la bienvenue, il a commencé à me
gronder pour ne pas l'avoir informé de mon arrivée et pour marcher à sa
recherche dans tous les bars du quartier.
Son ton était sévère, et je commençais vraiment à me repentir d'avoir fait
tout cela…
Wado me disait que je méritais une punition et il parlait à haute voix. Tout
le monde l´écoutait. Il m'a menacée de me punir là même. Je l' ai supplié, et,
en baissant un peu la voix il m'a dit alors qu'il m'appliquerait la punition
dans son atelier, mais qu´il serait alors beaucoup plus sévère.......
Bien que tout mon corps tremblât, j'ai accepté à nouveau son invitation.
Chemin faisant, Waldo m'annonçait comment serait
sévère ma punition. Chaque mot qui sortait de sa bouche, chacun de
ses regards, me troublaient de plus en plus. A chaque instant je sentais que
ma volonté n'était déjà plus ma volonté, ma volonté était sa volonté et qu'il
pourrait faire de moi ce qu il voudrait. Il me dominait.. et moi, j'obéissais.
En pleine rue il m'a obligée à enlever ma culotte et a la lui donner,
juste quand passait un groupe de gens... Il a fait alors une observation à
haute voix sur l'humidité qu il avait remarqué en elle.. Les gens riaient et
moi je crus mourir de honte, de trouble et de peur...
Nous arrivions en fin à l ´atelier quand j´ai entendu l'horloge de la Grand-
Place sonner 3 fois.
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